La main.

Mains unies par l’anneau, pour l’Amour éternel,

Main qui porte à chacun un secours fraternel ;

Main qui, dans la maison, sait créer le bonheur ;

Mains calleuses et rudes, fierté du travailleur ;

Main qui étreint si fort la main de l’amitié ;

Main levée pour jurer, garant de vérité ;

Main qui guide l’outil qu’une autre main forgea ;

Mains du crime liées dans les fers du forçat ;

Main qui panse les plaies, qui console et qui donne

A l’autre main timide qui demande l’aumône ;

Main qui caresse, main qui apaise ou qui bénit ;

Main qui châtie, chassant au loin le fils maudit,

Mains aussi, qui s’imposent, appelant le pardon

Sur cet enfant prodigue venu faire abandon ;

Main qui fait résonner les sons harmonieux

Tandis que d’autres mains s’élèvent vers les cieux ;

Mains désespérées qui, hors du flot des tempêtes,

S’agrippent à des mains secourables et discrètes ;

Mains qui guident l’aveugle, mains jointes en la prière ;

Mains croisées sur un Christ en position dernière ;

Main pieuse et généreuse qui ferme les paupières ;

Main qui ensevelit dessous la froide pierre ;

Dieu, de sa main divine, créa la main de l’homme

Et c’est par cette main que périt Dieu-fait-Homme.  

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