La main et le cerveau

La main et le cerveau

Main outil, c’est bien toi qui surélèves l’homme

Au dessus de la bête. Tes multiples travaux

Et le jeu de tes doigts ont fait ce que nous sommes,

Mais tu restes toujours l’auxiliaire du cerveau.

Son pouvoir réceptif t’a rendu vulnérable,

Il te dicte le geste, tu ne peux qu’obéir.

S’il ne pouvait avoir que desseins honorables,

L’homme serait un Homme, sans jamais défaillir.

Si la chose pensante méconnaissait l’honneur,

Tu n’échapperais pas, il te faudrait commettre

Cet acte irréversible qui conduit au malheur,

Celui que la morale jamais ne put admettre.

Vous faites corps tous deux, la main et le cerveau.

Si une dissension entre vous devait naître,

Il n’y aurait plus main, pas non plus de cerveau

L’homme-carcasse, alors, n’aurait qu’à disparaitre

Puisque tu dois rester, afin d’être main-outil,

L’apanage de l’homme, premier parmi les bêtes,

Souhaitons que le cerveau qui, avec toi se lie,

Ne t’inspire jamais les gestes de la bête.

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