Avec mes pauvres mots vous voulez que je dise
Mon amitié pour vous et que je m’analyse.
Ici, en amitié, don généreux des cœurs,
Tout est synthèse ; et si je donne ma ferveur
Il faut considérer que j’envoie l’absolu
Et vous livre mon cœur : vous l’avez bien voulu.
Des rimes embrassées peuvent seules convenir
Pour dire l’amitié. Le thème est difficile
En tenter l’analyse peut paraître futile :
Les mots traduisent mal ce qu’on peut ressentir.
Il fut des amitiés célèbres dans l’Histoire,
Et nous restons émus à leur évocation.
Elles sont toute douceur, tendresse, abnégation,
Si solides et si fidèles qu’on ose à peine y croire.
Je veux simplement dire que l’amitié, pour moi,
C’est ce qui fait qu’un être est accueilli par l’autre
Bien mieux que par un frère, que « le mien » devienne « notre »
C’est le sort qu’on partage, les peines et les joies.
C’est l’huile de la lampe, le bourgeon de la tige.
Au jardin dévasté, c’est la fleur du gazon.
Quand l’âme déroutée cherche un nouveau sillon,
C’est l’appel d’un regard et la main qui dirige.
A la table commune, c’est la pain qu’on rompt
D’un geste généreux et qu’on offre en partage.
Ainsi le fit Jésus qui nous laissa l’image
De l’Amitié divine, creuset où tout se fond.
Elle naît d’un regard, parfait miroir de l’âme,
Où chacun sait puiser la force et la douceur,
Donner et recevoir un peu de chaleur
Apporter à l’esquif tout l’effort de sa rame.
L’amitié, c’est bien plus qu’un besoin instinctif,
C’est un appel profond que le cœur sait entendre :
Il est doux, il est fort, il est puissant et tendre.
Mais, à quoi bon donner un qualificatif ;
En amitié, tout se confond et tout s’accorde :
L’esprit et la pensée, le but et le chemin,
Et la compréhension et l’indulgence enfin,
Il n’est point de pardon que l’Amitié n’accorde.
Et, lorsque l’amitié devient un souvenir,
Qu’un deuil ensevelit, c’est vidé de soi-même,
Mutilé et meurtri, inconscient et blême,
Qu’on jette un cri d’angoisse tourné vers l’avenir.
Si la roue du moulin a besoin de l’eau vive
Et si le nid douillet a besoin du rameau,
Si le marin perdu va guider son vaisseau
Dans le rayon du phare jusque vers l’autre rive,
Alors, permettez-moi de me tourner vers vous
Pour trouver l’élixir qui fortifie mon âme
Et partager aussi la chaleur de la flamme
Qui fera notre automne et notre hiver plus doux.
Si je crois fermement que l’amitié me donne
La force et le courage pour mener à la fin
L’ouvrage de ma vie, et si j’y trouve enfin
Plus que je ne sais rendre, que l’Amie me pardonne.
Pour Mimi